Présentation et histoire

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Présentation et histoire

Message par Maedhros le Sam 8 Juin 2013 - 12:55

Des bandits sévissent un peu partout en Aldméris, masqués. Leurs larcins rendent les routes moins sûres, de grandes richesses disparaissent alors qu'elles étaient transportées sur les routes, mais pas d'apparition soudaine d'un quelconque campement ou quoi que ce soit ! Juste des voleurs qui èrent sur les chemins. Des vagabonds sans doute.

Dans le même temps à la Nouvelle-Anthil, des habitants arrivés il y a peu vivent leur paisible vie. Ils minent, chantent des chansons paillardes à la taverne puis vont se reposer dans leurs petites maisons troglodytes au sein du quartier des mines de la cité. Ils sont un peu brutaux, mais les Rôdeurs les ont acceptés ; et puis, il arrive parfois que la petite bande qu'ils forment intègre un type en leur sein. Officiellement et aux yeux de tous, le clan de la Main noire est une simple communauté de mineurs repliée sur elle-même au sein de la Nouvelle-Anthil ; de manière confidentielle, la Main Noire est en réalité un clan de féroces brigands des montagnes, agissant dans l'ombre et la discrétion la plus absolue. Avant toute chose, rappelons qu'il est évident que ce projet ne pourra voir le jour et subsister qu'à la condition que nul n'ait recours au meta-gaming. C'est pourquoi nous prions à chacun de rester fairplay : ce que vous savez hors du jeu, vous n'en avez nullement connaissance en jeu.


Trois des membres du Clan de la Main Noire, qui ici ne dissimulent plus réellement leurs activités hors-la-loi.

    Le soir était déjà fort avancé lorsque Korn cessa d’asséner de violents coups de pioche à la paroi rocheuse. Il s’assit sur le sol rocailleux. L'homme, revêche, travaillait ainsi sans relâche depuis l’aube dans ce nouveau boyau, qui serait la future artère minière. Puisant à perte dans ses réserves d'énergie, il avait participé au forage d’un tunnel qui, selon les experts de son village, devrait déboucher sur une grande caverne souterraine, riche en émeraudes. Korn s’essuya le front d’un revers de manche, et ôta le bouchon de sa gourde, dont il but goulûment l’eau fraîche. Il se mit à songer à la situation précaire dans laquelle se trouvait son peuple. Il ne goûtait guère à la politique et aux affaires du Royaume d'Averia. Toutefois, ce qu'il voyait autour de lui suffisait à lui faire comprendre que quelque chose ne tournait pas rond. Des choses somme toutes simples à constater. Les percepteurs d'impôts effectuaient des descentes de plus en plus rapprochées dans le temps, et chaque fois la somme de ducats réclamés comme taxation semblait plus conséquente ; la mortalité au sein de son village grimpait à une vitesse affolante, et nul ne savait de quoi serait fait demain. Il ponctua inopinément ses pensées embrumées par un rot sonore.

    Korn, obscur mineur sans attache familiale, s'était depuis peu accoquiné avec un groupe de mauvais garçons, qui prenaient un certain goût à refaire le monde chaque soir autour d'une chopine. Il y était souvent question de l'irresponsabilité du Roi, de la barbarie de ses soldats, et de la situation désastreuse de la populace. La bande peu fréquentable, ne comptant initialement en son sein que les vauriens locaux, s'enrichit peu à peu des voyous de toute la province, qui venaient prendre part aux virulents débats.

    - Mineurs ! Ouvriers ! harangua un soir un orateur, familier de ces "colloques". Frères travailleurs ! Regardez autour de vous ! Regardez derrière vous ! Contemplez ces décennies de domination royale, ces calamités, ces privations, cette famine, cette aggravation de la situation économique, comme jamais aucun peuple au monde n'en a connu. Ce peuple aujourd'hui est fatigué, épuisé, excédé !

    L'assemblée approuvait chacune des ses phrases à gorge déployée. Les yeux du tribun improvisé lançaient des éclairs, et l'émotion qu'il transmettait dans sa voix frappa Korn en plein cœur. Bien souvent des chaises étaient lancées sur ceux qui contredisaient le groupe, les bouteilles se brisaient et les coups de poing pleuvaient. Korn, enflammé par les discours haineux et par la mouvance de groupe, était souvent le premier à déclencher les bagarres. Son impétueuse jeunesse le rendait influençable, et sa colère contre le roi grandissait de jour en jour, à l'instar de celle de toute une classe de la population. Mais s'agissait-il plus là pour Korn d'une idéologie politique réelle, ou d'un certain ennui le poussant insensiblement vers la voie de la révolte ?

    Et puis, tout alla très vite. Les causeries acerbes des mineurs accoudés au comptoir de la taverne du petit village ouvrier de Korn n'étaient qu'une incarnation parmi tant d'autres de la révolte qui grondait en Averia. Bientôt les étincelles firent s'embraser le bois pourri, et cela commença avec le soulèvement d'Aresia dont Haesmar Olcinius le bourgmestre et les habitants prirent les armes, et allumèrent la mèche de la guerre civile. Ils furent aussitôt imités en abondance par les provinces adjacentes, et bientôt le Royaume se déchira. Korn, qui n'avait rien à perdre, devint instinctivement l'instigateur de la révolte locale, et jeta l'attroupement ouvrier du village d'Ormux dans la bataille. Après tout, cela semblait naturel : le prolongement, en quelque sorte, d'un processus mûri depuis bien longtemps. Il avait agi sur un coup de tête, et tout s'était passé précipitamment : l'annonce de la nouvelle, quelques phrases explosives bien choisies, et une aura de colère qui gagna aussitôt les esprits déjà échaudés. Hier spectateur passif des débats houleux, Korn était devenu meneur d'hommes ; et il s'avéra très vite qu'il en possédait toutes les qualités.

    Ils gagnèrent une jonction de populations diverses, regroupées dans un gigantesque campement, au cœur des plaines les plus proches de la capitale. On était véritablement en guerre : les tentes abritaient assez d'armes pour mettre à bas le plus tyrannique des régimes. Une excitation naïve et fébrile parcourait les rangs du peuple révolté. Tous étaient alors certains que la victoire ne pouvait leur échapper ; la fin de leur monarque approchait à grands pas.

    Korn et ses hommes étaient plus décidés que jamais. Ils avaient délaissé la pioche pour l'épée, et cela n'était pas pour leur déplaire. Galvanisés par leur meneur, nul ne songeait à la gloire, ni à la défaite. Ils ne savaient pas réellement eux-mêmes ce qu'ils faisaient là. Une chose était claire, ils étaient ici à leur place. Leur haine immotivée envers le dirigeant du Royaume ne connaissait plus de frontières ; c'était la guerre pour la guerre elle-même.

    Ce fut la Claque. La révolte des impétueux fut matée dans le sang par une armée royale puissante et par une coalition royaliste spontanée et en nombre. Le regroupement du bas-peuple dans les plaines n'eut pas même le temps d'esquisser un semblant d'assaut sur la capitale, et fut assailli au petit matin. Les veilleurs eurent bien le temps de sonner l'alerte, mais cela ne changea strictement rien au sort de la bataille. Les ouvriers d'Ormux s'emparèrent de leurs armes, et firent couler le sang. C'était leur toute première bataille, mais cela ne se vit pas. La frénésie hémophile doublait victime après victime, et Korn éprouvait personnellement un certain plaisir à ôter la vie, au-delà d'un certain talent pour le faire. Dévoilant les viscères de ses victimes à la lumière du soleil, sa cruauté amusée lui valut le surnom de Korn le Brutal auprès de ses semblables.

    Hélas, un rendez-vous fatidique était irrémédiablement pris avec la destinée. Lorsque Korn, s'étant à l'instant débarrassé d'un énième adversaire, vit que la bataille était perdue, il eut un réflexe ; l'homme chuta de lui-même au sol, et patienta, patienta, patienta, attendant que les hurlements et les bruits sourds s'étouffent. Ses tempes lui battaient, et ses muscles réclamaient l'action. Mais son grossier manque d'honneur et son instinct de survie lui réclamaient de rester face contre terre, à singer le mort. Lorsque trois heures plus tard les derniers survivants furent exécutés, Korn sut qu'il était sauvé. Les soldats ne ramasseraient pas les cadavres, en trop grande quantité ; ils les abandonneraient simplement à l'appétit des fameuses meutes de charognards des plaines. Il attendit encore. Lorsqu'enfin il releva la tête, clignant des yeux sous l'effet des lueurs de l'après-midi, le carnage était complet. Nul ne se tenait plus debout, et les blessés avaient été froidement achevés, ou bien emmenés. Loin d'être pris par quelque sentiment de honte de s'être ainsi dérobé à la mort par un si indigne stratagème, Korn s'en félicitait. Il ramassa quelques maigres affaires, et se jucha d'un bond sur un cheval sellé, qui broutait paisiblement un coin d'herbe non-maculé de sang. De toute évidence, l'ancien propriétaire, un soldat de la Garde Royale, avait trépassé. Korn le Brutal, le visage impassible, quitta au pas le champ de bataille qui avait bouleversé sa vie.

    Le mineur était cependant loin d'être le seul survivant de la bataille. Ici comme ailleurs, la guerre civile avait provoqué d'autres combats, s'achevant inéluctablement tous plus ou moins de la même façon. Pour les rescapés, deux issues étaient possibles : l'exil volontaire ou l'anonymat. Korn ne retourna jamais au village. Il avait au fil du temps ramassé sur sa route de pauvres hères qui, seuls, seraient irrévocablement condamnés. D'abord nomades, courant les routes et assassinant sur leur passage les voyageurs sans escorte, le groupe s'établit bientôt dans une petite clairière perdue aux confins du Royaume d'Averia, où ils vécurent un temps de chasse et de rapines, dans un cadre d'extrême misère.

    Vint un jour où les va-nu-pieds se virent confier une mission de pillage par un propriétaire jaloux, moyennant finances. Ni une ni deux, Korn conclut le marché, et prépara ses hommes pour le raid qui aurait lieu le lendemain. L'heure-dite, ils se postèrent aux alentours du luxueux cottage, isolé en rase campagne à proximité d'un faubourg. L'obscurité nocturne était totale, et seuls les grillons poussaient leur mélodie dans les blés. Pas un mouvement notable du côté du pavillon ; tout dormait. Korn, masqué, fit un signe, et aussitôt ses comparses brisèrent les carreaux à coups de pierraille et s'engouffrèrent comme un seul homme dans la propriété. Un silence inattendu suivit l'intrusion, mais les bandits ne s'en souciaient guère. Ils ravagèrent les lieux ainsi que leur employeur le leur demanda, et s'empressèrent de fourrer les objets en argent dans leurs larges sacs de toile. Mais une mauvaise surprise attendait les importuns, au sortir du cottage : un escadron de miliciens en uniformes encerclait la bâtisse, arcs bandés. Passée la surprise des hommes, le reste fut extrêmement rapide. Conformément aux intimations de la garde mobile, le groupe fit mine de se rendre, lorsque Korn brisa les rangs et vint sectionner la gorge d'un garde d'un large coup de tranchoir. Ce fut la débâcle ; les tirs fusèrent, manquant parfois leur cible. En un instant, la pièce était jouée : sur la vingtaine de compagnons que comptait le mineur, trois respiraient encore. Chamboulés, les bras ballants, ils s'affalèrent au sol, épuisés. Peu à peu, l'incompréhension fit place à la fureur. Assurément, ils avaient été trahis.

    Korn le Brutal extirpa violemment son épais tranchoir des entrailles de son employeur, qui expira dans un ignoble gargouillis d'outre-tombe. Il se retourna vers ses trois camarades, un sourire carnassier aux lèvres.
    - Désormais, les gars, plus d'embrouilles. Plus d'employeurs, plus de traîtres. Il cracha à terre. Libres, on l'a toujours été, et libres on le sera toujours, par toutes les putains du ciel. C'est fini les conneries.

    Sa voix gutturale vibrait. Il regarda fixement sa main souillée de sang frais.
    - Regardez ça... On a les mains vermeil maintenant.
    - Nan. En vrai, elles sont noires, corrigea l'un d'eux dans un souffle. La crasse, la merde dans laquelle on se trouve. Avoir du sang sur les mains, on s'en balance. Mais regarde-nous. On est les rebuts maintenant. Finis, qu'on est.
    - T'as raison, murmura Korn après un temps. Les mains noires... Le clan des mains noires.
    - J'ai l'impression qu'on gardera toute notre vie cette saloperie sur les mains. Sans jamais pouvoir s'en débarrasser.
    - Toute la vie, c'est long, appuya un autre avec fermeté.
    - Le Clan de la Main Noire... répéta rêveusement Korn sans lâcher ses mains tremblantes du regard.


    36 Oridor 407

    - Au voleur ! Arrêtez-le !
    Korn galopait dans les rues de Castel-Arnwys, le visage enveloppé d'un épais foulard. Il était talonné par un commerçant écarlate, à qui il venait de dérober une gigantesque pièce de viande crue sur son étal. Le mineur mourait de faim depuis qu'il avait échoué sur les côtes d’Obéron, son embarcation de fortune poussée par quelque alizé venu du nord. La fuite, il ne l'avait pas vraiment choisie. Traqué partout comme une bête sauvage par des bataillons de miliciens pour le massacre de l'escadron du cottage et le meurtre sauvage de Messire Bonbonneau, la survie au Royaume d'Averia était devenue tout bonnement impossible. Il s'était donc discrètement rendu au port d'Aresia, où il avait dépossédé un vieux pêcheur de son voilier — après s'être débarrassé du cadavre, bien entendu. Il comptait se rendre sur les vastes terres d'Aldméris, fort peu loin au sud, que les récits décrivaient comme fertiles et propices à un nouveau départ pour ses nombreux colons.
    Le fuyard tourna au coin de rue, et...

    - Au meurtre, à l'assassin ! Capturez-le !
    Kiba galopait dans les rues de Castel-Arnwys, entièrement encapuchonné et poursuivi par trois gardes lourdement armés. L'homme maudit son impulsivité. Quelle erreur d'avoir abattu ce quidam. Il est vrai qu'il posait beaucoup trop de questions. Aussi, jamais Kiba ne se serait douté que l'on retrouvât aussi vite le corps ensanglanté ; il aurait été bon de passer d'avantage de temps à le cacher. Kiba s'admonesta intérieurement d'avoir agi aussi stupidement, d'autant plus qu'il avait été le maître d'une guilde assassine Avérienne. Bon sang, comment pouvait-il être aussi idiot.
    Le fuyard tourna au coin de rue, et...

    Collision brutale. Le choc projeta Korn et Kiba à terre, mais qui ne perdirent pas de temps à reprendre leurs esprits ; déjà leurs poursuivants respectifs se rapprochaient dangereusement, provenant de côtés opposés et hurlant ensemble "Arrêtez-le !".
    Ce qui frappa Korn furent les yeux ensanglantés de Kiba.
    Ce qui frappa Kiba furent les mains noirâtres de Korn.
    Ni une ni deux, les deux hommes saisirent la situation. Tous deux étaient fugitifs. Ils se relevèrent d'un bond, et cavalèrent comme un même homme vers la porte de la citadelle, s'enfuyant vers les bois sombres d'Oberon.

    Ils n'étaient plus poursuivis, et stoppèrent donc leur course, haletant et suant. Les deux protagonistes que quelques pas seulement séparaient se jaugeaient du regard tout en reprenant leur respiration et en tentant d'apaiser les palpitations affolées de leur cœur. L'homme masqué aux yeux rouges brisa le silence le premier :
    - Moi c'est Alzan, prononça Kiba avec son éternelle sympathie de façade. On a eu chaud, hein ?
    Korn fixa Kiba dans les yeux, et ôta son foulard de laine sombre. Il lui dit, muni de son aplomb naturel et d'un ton des plus directs :
    - Korn le Brutal. Mais tu peux m'appeler Chef.

    Et il lui tendit son imposante main noire, paume ouverte.
    Tout ne faisait que commencer. Les récits n'avaient pas menti : c'était bien un nouveau départ.
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Maedhros
Chef du Clan

Nom : Korn le Brutal
Race : Humain
Métier : Mineur

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